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Une histoire de chèvres ... 
Et la suite ...


 
Du château féodal de Bridiers, il ne restait plus que le donjon, fierté des habitants de La Souterraine.
 Tout le reste : remparts, tours d'angle, maisons annexes, ... avait depuis longtemps disparu. Le temps avait fait son œuvre, et puis cela avait constitué pendant des années de superbes carrières de pierres pour les constructions alentour. Finalement, la végétation avait recouvert tout cela.
Mais, après de longues négociations, la municipalité réussit à acheter l'ensemble de l'emprise du château.
Un chantier d'insertion s'installa, avec pour mission de retrouver les traces des remparts.
En quelques années, la base des remparts fut reconnue dans son ensemble, les tours d'angle furent retrouvées : les ruines d'un véritable château fort surgissaient sous nos yeux, imposantes en haut de leur promontoire.
Malheureusement, en quelques mois, le site était à nouveau envahi par la végétation. Il fallait absolument trouver un moyen d'entretenir les pentes escarpées du château.
Au cœur d'une région d'élevage, nous avons immédiatement pensé à faire paître cet espace par des chèvres.
Je parlai de cette idée autour de moi, ce qui suscitait habituellement plutôt des sarcasmes. Mais un jour, une amie - qui avait dû voyager - me dit : "Il te faut des Rove" ! Des Rove, ques a quo ?
Renseignement pris sur la toile, les Rove sont une race de chèvres originaires de Provence, particulièrement bien adaptées pour s'alimenter dans les broussailles.
Il n'y avait aucune de ces chèvres autour de nous. L'élevage le plus proche se trouvait dans la Loire, à La Chapelle en Lafaye, en pleins Monts du Forez.
L'éleveur avait trouvé notre idée intéressante et acceptait de nous vendre des chevreaux âgés d'une semaine.
Prudents pour une première expérience, nous avions décidé d'en acquérir six.
Le vendredi 12 Février 1999, nous voilà donc partis, Jean-Philippe, responsable du chantier d'insertion, et moi-même, chercher les chevreaux.
Manque de chance, ce fut le jour le plus enneigé de l'année.
Mais les chevreaux étaient nés, il ne fallait pas attendre pour les sevrer, nous avons donc fait le voyage malgré les conditions difficiles : 540 km sur la neige et le verglas !
Ce fut un voyage inoubliable.
Marc VINSON nous montra son superbe troupeau et, après nous avoir bien restaurés, nous fit choisir les 6 chevreaux. Il nous prodiga tous les conseils nécessaires pour l'alimentation et les soins aux bébés, que nous devions nourrir au biberon pendant 2 mois.
 Arrivé à La souterraine, le premier jour, notre petit troupeau n'avait pas encore très fière allure !
Trois biberons par jour, puis deux au bout d'un mois, et surtout de la chaleur,
dans un Algeco du chantier spécialement aménagé à cet effet.
Ache, Arlette, Alouette, Allumette, Achille et Arnold sont rapidement devenus très espiègles.
Dès le mois de Mars, une promenade quotidienne leur a permis de se familiariser avec le milieu extérieur.
Les ronces ont eu tout de suite leur préférence.
Finalement, nos six chèvres du Rove ont trouvé du renfort avec une chèvre du pays qui s'ennuyait , seule, chez un de nos ainés qui ne pouvait plus s'en occuper, et surtout avec Lilou, jeune ânesse du Poitou, qui deviendra bientôt l'auxilliaire des ouvriers du chantier.
La bergerie a été construite à l'ombre du donjon, dans la plus pure tradition du pays.
Arnold, le bouc a maintenant bien compris son rôle, et nous espérons les premières naissances dans quelques mois.
Le terrain est vaste, et nous devons accroître le cheptel.
Et tout ceci à proximité d'un jardin "médiéval" en terrasses, amoureusement entretenu par notre équipe du chantier !
Gare aux feuilles d'artichaut et de salade ...

Suite ...



Michel MAZEIRAT, 11 Décembre 1999
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